La Bête du Gévaudan : Histoire et théories

Qui n'a pas un jour frémi d'entendre l'histoire de la Bête du Gévaudan ? qui n'a pas échafaudé un jour une théorie sur sa nature ? Voici un résumé de l'histoire de la Bête et des grandes théories sur sa nature.

La Bête du Gévaudan est une histoire que l’on aime à se rappeler car même 250 ans après personne ne connait la vérité et les interprétations sont aussi nombreuses que le nombre de livres sortis sur le sujet. Si certaines interprétations portent à rire, certaines arrivent sûrement près de la vérité. Mais connaîtrons-nous réellement sa véritable identité un jour ?

Histoire de la Bête du Gévaudan

L’histoire de la Bête commence au 18e siècle dans l’Ancien Régime et sous le règne du roi Louis XV. Elle débute en 1764 et durera 3 ans pendant lesquels plus de 100 personnes seront tuées, voire dévorées et plusieurs centaines d’autres blessées. La particularité de la Bête, elle est ainsi nommée car les paysans l’ayant vu n’arrivent pas à reconnaître ni un loup ni un chien, est de ne s’attaquer qu’aux femmes et aux enfants.

Les tueries se cantonneront sur le territoire du Gévaudan (actuelle Lozère) et plusieurs battues seront organisées à la fois par les locaux mais aussi par la royauté moquée notamment par les Anglais.

On peut distinguer 4 grands épisodes dans l’histoire de la Bête :

  • La chasse du capitaine Duhamel et des dragons du roi : malgré la traque, la Bête n’est jamais vue par le capitaine et ses dragons bien que les massacres continuent. Tuant un gros loup, Louis XV s’empresse de lui attribuer une récompense mais cela n’arrête en rien les tueries.
    Un louvetier royal est alors dépêché en Normandie.
  • Le louvetier Denneval arrive en Gévaudan en février 1765. Bien que certain d’arriver à tuer la Bête grâce à ses nombreux trophées de tueur de loup, Denneval n’arrive qu’à chasser Duhamel et ses dragons du Gévaudan. Peu habitué du terrain accidenté et du climat du Gévaudan, Denneval sera remplacé par Antoine de Bauterne et son fils.
  • Antoine de Bauterne, porte-arquebuse du roi : missionné directement par Louis XV, celui-ci ne peut se permettre d’échouer. Aidé par la population et certaines grandes familles, Antoine de Bauterne, après de multiples difficultés parvient à tuer un gros loup qu’il désigne comme la Bête en septembre 1765. Il revient triomphant avec la dépouille à Paris mais les attaques reprennent après quelques semaines de répit.
  • Le roi ne souhaite plus se soucier de ce qui se passe en pays Gévaudan, pour lui la Bête a été tuée par Antoine de Bauterne. Il faudra attendre encore de très nombreux mois, jusqu’en juin 1767 pour que Jean Chastel, simple paysan, tue enfin la Bête. A partir de ce jour, il n’y aura plus de tueries ni d’attaques.
la bête du gévaudan

Les principales théories sur la Bête du Gévaudan

Il y a 3 grandes théories qui s’affrontent : la théorie spirituelle, la théorie sur la nature de l’animal, la théorie sur l’intervention humaine. Certaines peuvent même se mélanger.

  • La théorie spirituelle : Mgr de Choiseul-Beaupré, évêque de Mende en 1764, évoque notamment la colère de Dieu. L’Abbé Pierre Pourcher, 1er historien de la Bête, qualifie les événements de « véritable fléau de Dieu » en 1889.
  • La théorie sur la nature de l’animal : si pour certains, il ne fait pas de doutes que c’est un gros loup, voire plusieurs loups, pour les zoologues cela n’est pas possible car c’est un fait, le loup n’attaque pas les hommes sauf s’il est enragé, il ne les dévore encore moins. Certains pensent à un hybride chien-loup, ou même à une race de chien telle que le mâtin. D’autres encore pensent à un fauve importé d’Afrique, ou même d’une hyène.
  • La théorie de l’intervention humaine : certaines tueries de la Bête ont paru bien étranges, c’est le cas des nombreuses décapitations. Quel animal aurait la force de réaliser cela et surtout dans quel intérêt ? A partir de là, de nombreuses théories sont apparues : un loup-garou ? un cannibale ? un déséquilibré ?

Une autre théorie incluant l’humain a fait surface : la théorie du complot. Souvent décrite par les rescapés comme « boutonnée sous le ventre » et avec une raie noire sur le dos, la Bête a été pourvu pour certains par une cuirasse la protégeant des piques et des coups de fusils. Sa résistance pourrait être expliquée par ce fait, sachant que de nombreuses guerres auparavant avaient déjà fait appel à des chiens cuirassés. Dans ce cas, un chien-loup éduqué par un homme (la famille de Jean Chastel qui n’a pas eu de mal à tuer la Bête ?) aurait pu perpétrer toutes ces tueries.

Alors, 250 ans après, aura-t-on un jour la solution à cette histoire devenue légendaire ? Rien n’est moins sûr tant que historiens et zoologues se battent à coups de théories chaque année.
Mais certains faits peuvent quand même faire penser à une intervention humaine de par les blessures infligées par la Bête. En tout cas, la légende de la Bête du Gévaudan n’est pas près d’être mise à jour.

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