La construction des villes par les Incas

Si le modèle actuel de construction de villes dans le monde est somme toute, un peu anarchique, il n'en a pas été de même partout et en tous lieux à travers l'histoire. Les soviétiques ou mêmes les colons en Amérique du Nord ou du Sud prévoyaient la construction des villes selon un plan quadrangulaire qui n'est pas étranger aux architectes de la Rome antique. Pour les Incas et certains autres peuples des Andes, la problématique n'est pas forcément de permettre une circulation aisée des chars puisque le cheval n'existe pas dans l'Amérique du Sud d'avant Colomb mais la construction des villes est tout de même planifiée pour répondre à certains critères.

L’Urubamba, fleuve sacré

L’Urubamba prend sa source près d’un point qu’on appelle aujourd’hui La Raya est qui est un col à 4338 mètres d’altitude. La source est une de celles qui a pu prétendre au titre de source de l’Amazone à l’époque où la question n’était pas vraiment tranchée. Pour les Incas qui en peuple les bords, cette rivière est celle qui est quasiment indomptable mais aussi le reflet de la voie lactée sur terre.

La cosmologie andine et particulièrement inca a un certain nombre de constellations dont les plus importantes se situent le long de la voie lactée. Il y par exemple, le Condor, le Serpent et le Puma qui ont aussi des significations dans la croyance populaire. Le serpent représente le passé, le puma est l’animal du présent et le condor est l’oiseau qui porte les présages du futur.

Pour honorer ses animaux et leurs place dans la voie lactée, les Turupantay (sages de l’empire inca) dressent les plans des villes à l’effigie des constellations qui ont pour toile de fond la voie lactée. Elles doivent être fonctionnelles dans le sens où elle doivent permettre de nourrir un grand nombre de personnes et qu’elles sont obligées de résister aux tremblements de terre qui sont très fréquent dans les Andes. Les principes de construction Incas permettent la résistance aux séismes grâce à des méthodes qui sont encore obscures de nos jours.

Machu Picchu, la cité des condors

Si la forme d’une des cités les plus connues de l’empire Inca ne révèle ses formes qu’après de nombreux travaux de défriche et de reconstruction. La présence d’une énorme sculpture en forme de condor ne laisse pas de place au doute quant à l’animal auquel est dédié cette ville qui selon plusieurs archéologues devait abriter un immense temple. C’est la toile de fond de l’intrigue du livre, le fils des condors.

On sait aussi que cette cité fut une des dernières bâties par les Incas et sans doute aussi une escale sur le chemin de l’exil dans la forêt amazonienne de la famille royale après la défaite contre les conquistadors. Même si la possibilité de retrouver des ruines plus en aval de la vallée, le bébé condor est dans la voie lactée selon l’astrologie andine.

Dans la logique, on retrouve l’arbre, le colibri ou encore le chien plus haut dans la vallée. Ces motifs de constellations sont également présentes dans les ligne de Nazca qui ne sont pas une création de l’empire Inca mais reprennent vraisemblablement des éléments de cette cosmologie.