La petite histoire du chocolat suisse

De l’aveux de beaucoup de gourmands, le chocolat suisse est sans aucun doute le meilleur chocolat du monde. Les Belges et les Français ne seront pas d’accord. On leur concède volontiers un grand savoir-faire en matière de cacao mais force est d’admettre que les Suisses ont une maîtrise sans pareille.

C’est amusant de souligner que la domination helvétique est un peu surprenante au regard de l’histoire. Nul n’aurait pu prétendre qu’un jour le chocolat suisse régnerait sur le monde la pâtisserie !
Historiquement, les Suisses ont accusé un retard sévère. Le cacao est importé des Amériques par les Espagnols et les Portugais. Impliqués dans le commerce colonial, les Français puis les Belges auront l’opportunité de travailler avec cet or brun.
A l’époque, le chocolat que nous connaissons aujourd’hui n’existait pas encore. Le cacao était consommé sous forme de boisson et toutes les cours européennes en raffolaient. C’est un produit de luxe auquel on prêtait des vertus aphrodisiaques.
La Suisse calviniste et protestante a tout simple banni le cacao de son territoire qui sera introduit sur le territoire helvétique avec près de 300 ans de retard en 1790.
Pourtant en dépit de ces conditions défavorables, les helvètes parviendront à s’imposer dans le monde du chocolat en moins d’un siècle. Ce tour de force a été rendu possible grâce à de nombreux facteurs.

L’esprit d’innovation

Au début de 19ème siècle, le cacao perd en popularité. Les gens se sont lassés de cette boisson et beaucoup de pâtissiers cherchent désormais à le consommer sous forme solide.
Des chocolatiers britanniques mettent au point un chocolat solide sans pour autant parvenir à s’imposer, le chocolat n’ayant pas très bon goût.
Pendant ce temps, des Suisses comme Rodolphe Lindt ou François-Louis Cailler réussissent à solidifier le chocolat tout en lui laissant un goût sucré et appréciable. C’est le début de la grande odyssée du chocolat.

Un esprit d’entrepreneur

Les pionniers suisses partagent tous le point commun suivant : l’esprit d’entreprise. Lindt, Cailler, Nestlé ou encore Daniel Peter, tous décident d’industrialiser leur production et d’exporter le chocolat.
L’invention du chocolat au lait par Daniel Peter permettra au chocolat suisse de s’imposer auprès des gourmands du monde entier.

A partir de là commence la folle course de l’industrie chocolatière helvétique qui, au cours du 19ème et 20ème siècle, parviendra à dépasser et distances les grandes nations du chocolat de l’époque comme l’Italie, la Belgique ou encore la France.
Pour autant, on ne peut réduire le chocolat suisse à son industrie. Les helvètes peuvent s’appuyer sur des passionnés qui travaillent le produit de manière artisanale.
A ce titre, les maîtres-chocolatiers de Lausanne excellent tout particulièrement dans les concours nationaux et internationaux.
Le chocolat revêt aussi une dimension économique importante : Les touristes dépensent sans compter dans les shops souvenirs et achètent parfois à tour de bras les différentes marques.
C’est aussi, l’un des principaux produits d’exportations du pays. Avec l’émergence des marchés asiatiques, tout laisse penser que le chocolat suisse a encore de très beaux jours devant… Et pourtant, en se basant sur son histoire, rien ne le prédestinait à un si grand destin !

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